Les experts nous avaient dit que les déboires de l’économie
américaine ne traverseraient pas l’Atlantique, ça y est, notre PIB dégringole…
Les experts nous avaient dit que la baisse de l’immobilier ne nous
toucherait pas, ça y est, la France, l’Espagne, l’Irlande (et la Belgique ? nos chiffres ne sont pas encore clairs) sont atteintes.
Les experts nous avaient dit que la crise bancaire ne traverserait
pas l’Atlantique, ça y est, Fortis est l’objet de rumeurs. D’accord, Fortis n’est pas directement victime des « subprime », mais ses déboires en sont quand même un dégât
collatéral.
Maintenant, les mêmes experts nous disent que tout va bien, Madame
la Marquise, qu’il faut laisser ses avoirs chez Fortis, que le gouvernement ne laissera pas tomber les petits épargnants en cas de pépin, etc…
Fortis est un empire. Entendre qu’elle se porte mal m’aurait paru
incroyable il y a un an. Mais je me dis que l’argent ne part pas en fumée sans feu (de chèques en bois). Et que le scénario ressemble drôlement à ce qu’on a entendu régulièrement avant chaque
faillite bancaire outre Atlantique : rumeur, chute de cours, rumeur amplifiée, puis rachat ou faillite. Le tout en parfois quelques jours seulement.
Ceci m’inspire quelques réflexions :
- Pour
faire paniquer une foule et créer des catastrophes, il n’y a rien de tel que de crier « ne paniquez pas ! ». Or, c’est précisément ce que font les médias belges depuis 48 heures. Les
petits épargnants pourraient se retirer. La semaine prochaine sera critique. Soit le cours remontera pour cause de fausse alerte, soit ça va saigner.
- Si
j’avais des économies chez Fortis, je les en retirerais séance tenante ! Supposons que Fortis fasse faillite. L’état belge garantit les 20 000 premiers euros, mais dans quel délai et
après quelles démarches fastidieuse les restitue-t-il ? Concernant les montants supérieurs, n’en parlons même pas ! Risquer de l’argent acquis à la sueur de mon front (alors que
d’autres banques proposent des taux alléchants sur l’épargne) serait un non-sens.
- Fortis
manque de liquidités et est peu encline à ouvrir sa bourse. Or, il s’agit d’un des fournisseurs de crédit vers lequel les Belges se tournent le plus volontiers. Quelle sera la conséquence sur les
taux d’intérêts de détail ? Et sur les conditions d’octroi des crédits hypothécaires ? Fortis, si elle survit, va-t-elle maintenir indéfiniment l’offre de crédit à 40 ans qu’elle
propose encore ? Aujourd’hui, elle propose des taux hypothécaires compris entre 6 et 6,5 %… et demain ?